Agnès Sauvaget, directrice d'un pôle régional des métiers d'art

Publié le par L'art dans la mode, et la mode dans l'art


Que ce soit en tant que professeur en actions culturelles à l’Icart ou comme directrice du Pôle Régional des Métiers d’Art (PRMA) en Poitou-Charentes, Agnès Sauvaget est une femme de passion : la passion comme moteur pour avancer.

« Il faut toujours choisir ses projets avec passion, c’est le moteur qui vous les fera mener au bout », comme elle l’enseigne à ses élèves.

  Zoom sur son activité au PRMA où avec son équipe elle a créé la « Porte Bleue », qui rassemble quelques 200 adhérents, créateurs et artisans en Poitou-Charentes.


 

« Tout ce qui nous entoure, toutes les questions de société » c’est cela la culture, pour cette directrice du Pôle Régional, créé en 1996 et qui a pour mission de promouvoir les métiers d’art de Poitou-Charentes. Cette même culture qui devient un outil formidable et qui fait rêver tout le monde et plus particulièrement le monde politique. Mais encore derrière tout cela, il y a un travail de Titan : réunir une collectivité, faire voter des budgets, s’implanter, plaire et quelques autres notions comme le sponsoring, le mécénat, le partenariat… pour arriver à la création de ce pôle des métiers d’art.

Et  même là encore tout reste à faire, car la clef, la seule, c’est la communication.

Une idée de départ : ces 200 artisans, créateurs de mode, sont des acteurs majeurs de la culture de la région. Et un atout : le lieu. Au cœur de Niort, un bâtiment avec une somptueuse porte bleue, bel ouvrage plutôt original et décalé. Alors pour remplir la mission du PRMA, Agnès Sauvaget a une idée : communiquer sur cette porte, la « Porte Bleue ».

Branle bas de combat, travail avec les graphistes, logotype, typographies, flyers, communication, cartes postales… car dans ce métier avant même de se lancer dans l’action culturelle à proprement parlé, il faut être reconnu par chacun, visible de tous ! Et l’identité visuelle joue beaucoup. Alors pourquoi une porte bleue ? A la fois le passage de la rencontre avec les artisans d’art et l’ouverture d’esprit. Il aura fallu un an pour que le label s’affirme et soit connu du public ; aujourd’hui on compte quatre autre « Porte Bleue » : Rochefort, Surgères, Ile de Ré et Angoulême.


Après tout ce travail de fond mené à bien, les actions culturelles : un travail de tous les jours entre conseil d’administration (99 % de fond publics pour cette association) à persuader à chaque instant de l’intérêt de tel ou tel événement à mettre en place (comme une vente aux enchères avec Pierre Cornette de Saint-Cyr à la Rochelle, une action de sensibilisation des enfants aux métiers d’artisanat au musée d’Agesci…)et  difficultés « sur le terrain ». On ne le dira jamais assez, dans la culture pour mener à bien un projet il faut inlassablement convaincre tout le monde, collectivités locales, partenaires, sponsors, du bien fondé de sa démarche puis affronter tous les détails techniques : lieux, dates, communication…

Et enfin, les quelques 10-15 % de plaisir : l’action culturelle en elle-même, la voir naître et attendre son objectif.

De plus, et il s’agit d’une constatation dans de nombreux domaines de la création, culturels ou métiers de l’art : c’est à Paris que tout arrive et se passe. Nous sommes encore loin d’une décentralisation et déconcentration satisfaisante.



 

Voilà le quotidien, ou parcours du combattant d’Agnès Sauvaget qui grâce à la passion arrive à communiquer à ses élèves tout l’amour qu’elle a de son travail sans pour autant avoir un regard lucide sur tout ce qu’il nous reste à faire pour la culture.



Article et montages photo : Peyron Jeanne-Marie 

 

 

 

 

 

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